info internet du vendredi 22 MAI 2009
Essais nucléaires - Les irradiés ne seront pas indemnisés à ce stade
L'Etat en avait pourtant reconnu le principe, avec l'annonce en mars d'un plan d'indemnisation. La cour d'appel de Paris a rejeté vendredi les demandes d'indemnisations de 12 militaires atteints de
maladies mortelles qu'ils imputent aux essais nucléaires français. Ces 12 soldats ont participé à certains des 210 essais nucléaires pratiqués par l'armée française dans le Sahara algérien de 1960
à 1966, puis en Polynésie de 1966 à 1996.
Victimes de cancers de la peau, du sang ou des reins, seulement cinq sont encore vivants, mais les 12 cas, présentés dans trois audiences différentes, étaient de nouveau devant les juges ce
vendredi. Tous avaient été rejetés en 2006 par la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction pénales (Civi). Pour la Civi, le cas est simple : la plupart des demandes, disait-elle, sont
irrecevables parce que les faits sont antérieurs au 1er janvier 1976, date butoir fixée par la loi sur l'indemnisation des victimes.
Potentiellement 150.000 personnes concernées
Les plaignants demandaient environ 5 millions d'euros au total. Ils souffrent de cancers de la peau, du sang ou des reins. Cet arrêt intervient alors que le gouvernement prépare un projet de loi
organisant l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français au Sahara puis en Polynésie. Le projet de ce plan d'indemnisation des victimes, doté de 10 millions d'euros pour 2009, doit
être présenté en conseil des ministres mercredi prochain (27 mai). En présentant ce projet, fin mars, la France reconnaissait ainsi pour la première fois sa part de responsabilité, après d'autres
pays comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne.
Environ 150.000 personnes (travailleurs civils ou militaires, sans compter les populations locales) ont participé en tant que personnel civil et militaire aux 210 essais nucléaires français -dont
une cinquantaine en atmosphère- réalisés au Sahara algérien entre 1960 et 1966 puis en Polynésie française, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, entre 1966 et 1996.
Après la cour d'appel de Paris, le tribunal du travail de Papeete doit encore rendre le 25 juin sa décision sur une demande de Polynésiens réclamant la reconnaissance de leurs problèmes de santé
comme maladies professionnelles, en tant qu'anciens travailleurs des entreprises sous-traitantes sur les sites de Mururoa et Fangataufa
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